Il y a des moments qu'on ne peut pas oublier. Ces actes qui sont profondément ancrés en nous-mêmes, ces images qui nous restent, malgré tout les efforts que l'on fait pour oublier.
Cette soirée du 2 février fut gravée au fond de mon esprit.
Non, vraiment, il ne fallait pas que tout le monde assiste à cette scène. Oui, il fallait vraiment être dur, être fort pour pouvoir supporter ces quelques minutes. Ne pas être quelqu'un de sensible.
Faire abstraction de tout sentiment pendant quelques temps.
Tous les présents savent ce qui c'est passé. Tout le monde connait ce mythe, cette légende urbaine.
Transmise de générations en générations, au gré de la douleur de celui qui est l'auteur de cet acte.
Les parents en parlent à leurs enfants. Les enfants en parlent à leur amis. Leurs amis en parlent à leurs parents.
Cette histoire fait partie du patrimoine de la TS3.
Je m'en vais donc vous raconter l'histoire du fameux POUCE :
Il était jeune, il était bien portant, il était heureux.
Il allait sur sa dix-huitième année. Sa vie était faite d'épreuve, comme tout le monde, mais il avait su continuer son chemin, malgré les nid-de-poule qui jalonaient sa route.
On le disait bien-portant, il se jugeait naturel. Soit, ce n'est pas la le plus important.
Néanmoins, depuis quelques temps, une courte période certes, son quotidien lui semblait trop monotone.
La langueur des journées finissaient par lui peser, et il finissait toujours fatigué, fatigué de vivre toujours la même chose. Il avait envie d'ailleurs, l'envie de découvrir de nouveaux horizons. Il voulait se dresser, retrouver fier allure, et peut-être même montrer à lui-même qu'il était capable de se dépasser.
On était donc en février. Le temps froid, le soleil éteint, l'humeur grisônnante.
Il se dit qu'une soirée ferait l'affaire pour recharger les batteries.
Il se dit qu'il pourrait se laisser aller, évacuer toutes les frustrations qu'il a accumulé depuis bien longtemps.
Il se dit qu'il pourrait oser des choses, à ses risques et perils.
On retrouva notre Pouce, plus motivé que jamais, en compagnie d'autres de ses camarades.
Il avait fière allure : Notre Pouce tenait la route. Il festoyait, festoyait, festoyait.
Et pourtant, cela ne dura pas. Et oui, comme tout jeune qu'il est, Notre Pouce se laisse avoir par sa fougue, et son envie de goûter au monde. Il en sentit les effets tout de suite.
Notre Pouce devient chancellant, contrôlant de moins en moins ses actes. Ses réflexes furent diminués, il ne sentait plus beaucoup ce qu'il fesait. Comme si une autre personne s'était accaparée de son corps.
Tout doucement, il se laissait aller, se rappelait de mauvais souvenirs, se sentit de plus en plus mal.
Putain de merde. Notre Pouce était en train de faire n'importe quoi.
Et il arriva ce qu'il devait arriver. En général ces choses se finissent mal. Très mal pour un pouce.
Bon nombre d'entre eux sont restés surle champ de bataille, l'arme à la main.
Mais lui, il a vu le bout du Tunnel. L'entrée fut douloureuse, et l'acte en lui-même ne fut pas très agréable.
La pénétration se fit d'une manière fougueuse. Comme si une pulsion avait guidé son destin.
De cette caverne si sombre, si sauvage, il en avait qu'une vague image. Il en a rêvéde la pénétrer, ne serais-ce que pour voir, que pour sentir. Et la, il était en train de vivre son rêve, d'accomplir sa mission.
Il venait d'entrer dans l'histoire, et pourtant, il ne s'en rendait même pas compte.
Ses exploits étaient filmés, retransmis quelques jours plus tard même, et pourtant, il se tenait pudique, presque à l'écart de la caméra. Comme par honte, comme par déshonneur.
Et ce fut fini. Il aperçut la lumière blanche, comme un clap de fin. Le Pouce eut son moment de gloire.
Il accomplit son rêve, et en sorti grandi, oréolé d'une réputation flatteuse.
Lui-même avoua ne pas avoir totalement saisi sa portée de son acte.
Mais dieu sait que même dans les contrées les plus lointaines, on parle aussi du célèbre POUCE.